monsieur. iii

Esche. Le grand-père venait de la campagne, alors Esche. L’enfant, chétif urbain défait, n’avait aucune similitude avec l’arbre qui avait détruit le toit de l’ancienne scierie ; peut-être avait-on trouvé une excuse à partir des racines ostensibles et enflées, étranges excroissances mousseuses par trop de raisons supérieures au fer, au cuivre et aux aigus métalliques que les soirs de grand vent faisaient tinter encore, devenus le mal ancien de la vallée. Peut-être était-ce l’irisé vendémiaire des feuilles une fois au sol, lentement décomposées, ou plutôt celui du cidre fermenté depuis l’exsudat et le miellat de l’Arbre du Monde — comment l’appelait-on, déjà, la rosée du ciel ? Peut-être étaient-ce les reflets colorés du verre humide posé sur le comptoir du bar, éclairé à demi par l’ampoule grelottante et le flou de l’heure tardive ; toujours est-il que le puceron d’Heinrich, le rêveur de Tancrède et l’impossible citadin de Dieter, par syncrétisme, avaient été baptisés, sous l’autorité du verbe tchèque et trébuchant du plus ancien, Esche. […]

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Sur la table d’examen, seul
un triangle dressé
intercepte, coupe, dirige, détourne
réfracte,
réfracte.

Henri Michaux

monsieur. ii

Mieux… Il est temps de se lever. Oui, du temps. C’est l’ambition qu’il faut au nouvel aveugle pour sentir la nuit tomber ; l’homme ne connaît son corps ni sa mémoire, mais il sait ce qu’il coûte de confier l’un et l’autre à l’appréciation du temps. C’est la crainte fondamentale, désormais, et l’œil écrasé voit plus lucidement l’obscurité des combles qu’il habite, de la lucarne, timide iconostase. Il faut bien le coude et les deux mains pour épargner à la joue empreinte des lattes la crispation migraineuse d’un autre début de soirée… A-t-il seulement dormi ? Combien de temps, encore, a duré… […]

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