ploie.
ploie.

ploie.

Il cueille la juste gourmandise, le rêve à point comme une cerise noircie, les lèvres acides d’une goutte de sueur toute humaine, compensée sans gêne par le sucre de son baume ; il goûte, fin gourmet, aux saveurs de sa nuque penchée qu’il imagine à la merci de ces doigts agités, sages toujours sur le dossier, pudique retenue de l’amant public ; il ploie, à son service tout destiné, le corps engagé dans la passion de son présent, devant lui accompli, sur un baiser anobli et s’efface autour d’eux, lugubre horizon de la pièce encombrée, la poussière de l’assemblée aux yeux clos. Ceux-là se sont trompés d’existence.
Le valet se redresse, arrache son attention d’argent à celle de l’admiré, l’âme éplorée mais la raison sereine, en un sens qu’il comprend sans effort ; la très riche et l’aimable attention qui n’a pas l’air heureuse, remarque-t-il les doigts serrés. Un sourire s’avance peut-être. On lui répond du coin de lèvres orgueilleuses de tout avoir sans rien risquer.
Tu sais que tu en es seul responsable.

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